Alimentation des jeunes au Maroc : une étude récente met en évidence un écart entre les 18-24 ans et les adultes de 25 à 64 ans. Les jeunes adultes affichent des scores moins favorables en matière de pratiques alimentaires. Une situation qui relance le débat sur les habitudes prises au début de la vie autonome.
L’étude, publiée en 2026, s’appuie sur les réponses de 1 035 adultes marocains. Elle analyse leurs connaissances, leurs attitudes et leurs pratiques en matière d’alimentation saine.
Les jeunes adultes moins bien classés sur les pratiques alimentaires
Les résultats montrent une différence entre les deux principales tranches d’âge étudiées.
Les participants âgés de 25 à 64 ans obtiennent un meilleur score moyen de pratiques alimentaires que ceux âgés de 18 à 24 ans. L’analyse statistique confirme également cette association entre l’âge et les pratiques alimentaires.
Cette différence ne signifie toutefois pas que tous les jeunes mangent mal. Elle montre plutôt une tendance observée dans l’échantillon étudié.
L’étude relève aussi plusieurs comportements alimentaires qui méritent une attention particulière. Une partie des participants consomme régulièrement des aliments préparés ou privilégie certaines habitudes moins favorables à une alimentation équilibrée. 34,2 % déclarent notamment préférer les plats préparés à la cuisine maison.
Alimentation des jeunes : le passage à l’autonomie peut changer les habitudes
Entre 18 et 24 ans, les habitudes quotidiennes évoluent rapidement. Études supérieures, premier emploi, budget limité ou départ du domicile familial peuvent modifier la manière de faire les courses et de préparer les repas.
Le temps disponible joue également un rôle. Les solutions rapides peuvent devenir plus pratiques lorsque les jeunes doivent gérer seuls leur emploi du temps.
Mais l’étude ne permet pas d’affirmer que le manque de temps ou le prix des aliments explique directement les différences observées. Des recherches complémentaires devront préciser les facteurs qui influencent les choix alimentaires.
Une étude à interpréter avec prudence
Les résultats apportent des informations intéressantes, mais ils ne permettent pas de dresser un portrait de toute la jeunesse marocaine.
L’échantillon compte 1 035 personnes. Il comprend une forte proportion de participants urbains et diplômés. 82,9 % vivent en milieu urbain et 79,8 % possèdent au moins un diplôme universitaire. Les auteurs soulignent donc que les résultats ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble de la population marocaine sans études supplémentaires.
L’étude présente ainsi une première photographie des comportements alimentaires. Elle ouvre surtout la voie à des recherches plus larges, avec des populations plus représentatives.
Pourquoi les habitudes alimentaires comptent dès le jeune âge
Les habitudes alimentaires acquises au début de l’âge adulte peuvent influencer les comportements futurs. Une alimentation déséquilibrée, lorsqu’elle devient durable, peut contribuer à plusieurs facteurs de risque pour la santé.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle notamment l’importance d’une alimentation variée, comprenant suffisamment de fruits, de légumes, de fibres et des apports limités en sel, en sucres libres et en graisses saturées.
Au Maroc, l’étude montre justement que les pratiques alimentaires varient selon plusieurs facteurs, notamment l’âge, le sexe, le niveau de revenus et la région.
Une alerte, mais pas une condamnation de la jeunesse
L’étude ne dit pas que les jeunes Marocains sont tous adeptes de la malbouffe. Elle met plutôt en évidence un écart de pratiques alimentaires entre les 18-24 ans et les 25-64 ans.
Ce constat souligne l’importance de mieux comprendre les obstacles rencontrés par les jeunes : accès aux produits frais, budget, connaissances nutritionnelles, organisation des repas ou environnement alimentaire.
La prochaine étape consiste donc à approfondir ces facteurs avec des études plus larges et plus représentatives.
Sources externes :
- www.pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- www.frontiersin.org











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